Coffee shops et petites villes

Le développement des coffee shops ne concerne plus uniquement Paris et les grandes villes.

Depuis quelques années, les projets émergent aussi dans des villes plus petites, parfois là où l’offre est encore limitée, voire inexistante.

L’envie est là ; de créer un lieu, de proposer une offre café de qualité, de construire un projet plus personnel.

Mais sur le terrain, les réalités diffèrent suivant l’endroit où l’on va s’installer.

I- Les cafés et bars dans les villes

Dans beaucoup de petites villes, le café existe déjà, mais sous d’autres formes.

Il s’agit du bar de village, du café traditionnel, ou encore du salon de thé.
Ce sont des lieux ancrés, identifiés, qui font partie de la vie quotidienne.

On y vient pour un café rapide, une discussion, un moment de détente.

Dans ce contexte, le coffee shop n’est pas toujours immédiatement compris.

Il peut être perçu comme :

– un concept venu des grandes villes
– un lieu plus codifié
– parfois, un peu distant ou moins accessible

Ce regard n’est pas forcément négatif, ni figé.
Mais il existe et il est important de l’avoir à l’esprit.

II- Ne pas reproduire un modèle de coffee shop

C’est souvent là que se joue la différence.

Un coffee shop qui fonctionne à Paris, Lyon ou Bordeaux ne peut pas être reproduit à l’identique ailleurs.

En effet, à Paris le nombre de coffee shops à exploser. Plusieurs coffee shops côte à côte se côtoient. Des concepts différents, avec une architecture souvent très développée, incitent à toujours plus d’innovation pour se démarquer.

Parfois, les gens ressentent un manque d’authenticité et de conseils. Les lieux sont certes très attrayants mais ils peuvent être peu accueillants. Ils demeurent cependant encore des lieux où l’on retrouve la passion des propriétaires et des salariés et où l’agencement bien pensé sert le produit et non une mode éphémère.

À Paris, contrairement aux plus petites villes, la population connaît et est habituée aux coffee shops. Le flux par rue et par quartier diffèrent totalement de celui des plus petites villes.

Par conséquent, se détacher du concept des coffee shops des grandes villes est primordial lorsqu’on souhaite créer un coffee shop en dehors.

Les projets qui rencontrent des difficultés sont souvent ceux qui appliquent un modèle sans l’adapter.

À l’inverse, ceux qui trouvent leur place prennent le temps de comprendre leur environnement.

  • Observer les habitudes,
  • écouter les attentes,
  • et s’intégrer dans un environnement local,

sont donc des points cruciaux.

III- Rendre l’expérience simple et accessible

Le café de spécialité peut trouver sa place partout.

Cependant, il nécessite parfois d’être introduit différemment dès lors que tout un chacun n’a pas encore – et c’est bien naturel – pu rencontrer ce produit.

Il ne s’agit pas de simplifier à l’excès, mais de rendre les choses plus lisibles.

Expliquer sans complexifier.
Proposer sans exclure.
Créer un cadre accueillant, accessible, en phase avec les besoins du territoire.

Une idée qui peut apparaître évidente en apparence, mais dont la mise en œuvre s’avère souvent plus complexe.

C’est souvent une question de posture plus que de produit.

Notre conseil : rendre l’expérience simple et accessible, notamment pour les personnes qui pourraient se sentir intimidées par les cafés de spécialité et les mots tels que V60, Chemex, etc.

De quelle manière ? :

  • par la façon de présenter les boissons à base de café sur les cartes,
  • par la formation de l’équipe,
  • par l’aménagement de l’espace pour que chacun se sente à son aise.

L’objectif est de créer un environnement où chacun se sente bien accueilli sans avoir nécessairement besoin de connaître tous les termes techniques pour commander la boisson parfaite.

Coffee shops hybrides

IV- Un lieu hybride

Dans les petites villes, les lieux hybrides fonctionnent souvent mieux.

Un coffee shop peut ainsi se rapprocher :

– d’un salon de thé
– d’un lieu de petite restauration
– d’un espace de rencontre

Il est possible de vendre d’autres produits (vêtements, produits d’épicerie,…) en fonction des besoins du territoire d’implantation.

Cette hybridation n’est pas une concession.

Elle permet d’ancrer le lieu dans des usages existants qu’il importe de conserver, tout en créant progressivement de nouveaux repères et donc de nouveaux attraits.

V- Le flux à envisager

Autre point souvent sous-estimé : le flux.

Dans les grandes villes, le flux peut être immédiat (résidents, touristes, et travailleurs)
Dans les petites, il se construit.

La fréquentation met parfois plus de temps à s’installer.
La fidélisation joue donc un rôle central.

Le projet doit donc être pensé en conséquence.

VI- Construire avec justesse : la clé de la réussite

Ouvrir un coffee shop dans une petite ville n’est ni plus simple, ni plus compliqué.

C’est différent.

Cela demande :

– d’observer avant d’agir
– d’adapter plutôt que reproduire

Il est donc essentiel de bien mener son étude de marché afin de répondre à un besoin et non exclusivement à ses envies. À défaut, la rencontre avec sa clientèle ne pourra avoir lieu.

Nous vous invitons à lire notre article dédié à la réglementation pour ouvrir un coffee shop.

VII- Conclusion

Le sujet n’est pas de savoir si un coffee shop peut fonctionner dans une petite ville.

Mais comment il peut s’y inscrire de manière pérenne.

La clé réside dans la mise en place d’un lieu juste, accessible, cohérent avec son environnement.
Il s’agit de trouver un équilibre entre intention initiale et réalité locale.

C’est souvent là que se joue la réussite du projet.

Chez Mirabilis Café, c’est une question que nous avons pleinement à l’esprit et que nous travaillons avec attention avec les porteurs de projet qui nous ont accordé leur confiance.

Et qui, à chaque fois, demande une réponse différente et donc adaptée.